Work in progress
Au XIXe siècle, la Méditerranée est réinventée par les voyageurs britanniques qui, fuyant les brumes du nord, découvrent dans l’hiver niçois un climat salutaire et un paysage qui façonnent leur imaginaire. Tels des oiseaux migrateurs, les hivernants anglais quittent les nuages, la pluie, le froid et le spleen, pour rejoindre Nice où ils séjournent jusqu’au retour du printemps.
L’arrivée du chemin de fer, l’essor des Winter Palaces, des jardins exotiques, des casinos et de la Promenade des Anglais métamorphose peu à peu Nice en une destination cosmopolite idéalisée où se côtoient aristocrates, artistes et têtes couronnées.
De cette rencontre entre l’ancienne ville portuaire et un imaginaire mondain et artistique naît la French Riviera : un paradis climatique hivernal et la promesse d’un ailleurs.
Aujourd’hui, les palais et villas devenus hôtels, studio de cinéma, universités ou musées, portent encore les traces de cette époque fastueuse et du modernisme qui lui succédera. Façades et jardins semblent retenir la mémoire de cet âge d’or de la démesure et de l’ostentation.
Quand vient la nuit, lorsque la ville se teinte de bleu, je photographie ces anciens lieux de villégiature et les personnages qui les occupent aujourd’hui : historiens, majordomes, touristes, habitants… Des présences contemporaines qui, chacune à leur manière, perpétuent le récit de la Riviera et en prolongent le mythe.
j’installe un dialogue entre ces présences actuelles et des figures passées à travers des lettres, journaux intimes et guides touristiques d’époque, dont le regard, parfois critique sur ce monde artificiel et clinquant, résonne comme autant de voix ayant traversé le temps.