Festival Planches Contact, Deauville, 2023, prix du public.
Fondation des Treilles, résidence au domaine des Treilles, 2026.
Originaire de Bretagne, Isabelle Scotta est aujourd’hui basée en région parisienne. Après un parcours dans la communication, elle devient photographe-autrice en 2015. Ses séries sont exposées depuis 2020 notamment aux Franciscaines à Deauville en 2023 où elle a reçu le prix du public Tremplin Jeunes Talents.
Isabelle Scotta s’inspire des premières stations balnéaires françaises comme Royan ou Deauville pour créer une ville fictionnelle et cinématographique, entre présent et passé ravivé. Ces paradis d’été, sortis des sables ou des ruines d’après-guerre, utopies du siècle dernier, favorisent le temps suspendu. Isabelle Scotta s’attache à transcender les marques laissées par l’humain, ce qui n’est pas visible à première vue, caché, en coulisses, loin du soleil, de la mer et des projecteurs.
À pas feutrés, la photographe attend l’heure bleue, et que l’Homme disparaisse, laissant derrière lui une présence encore palpable dans une obscurité fantomatique. Dans une tension entre ce qui est vu et ce qu’on imagine, les objets — témoins d’un monde révolu — semblent dialoguer avec nous. Vieille télé, gare désertée, lampe oubliée, fenêtre allumée, villa endormie, tout évolue dans une même solitude, architectures emblématiques comme anonymes. Ils laissent une vapeur sur la ville qui estompe peu à peu les noms, les dates, les adresses. Ce tissu visuel où les époques s’entremêlent invite le spectateur à ralentir et prendre de la distance. Parce que le contexte est souvent partiellement caché ou flou, le regard devient actif et imaginatif jusqu’à trouver des résonances personnelles. Isabelle Scotta n’est pas dans le spectaculaire mais dans la retenue, la prudence dans le regard. Sa photographie est de l’observation lente plutôt qu’un choc visuel immédiat. En quête de singularité, la photographe collecte des visions pastiches, modernistes, fantaisistes fin de siècle, qui par leur étrangeté interrogent notre futur qui tend toujours plus vers l’uniformisation contemporaine, standard et interchangeable, où tout pourrait un jour se ressembler. Dans un monde sur-modernisé où tout est codé, saturé, mesuré, Isabelle Scotta s’accroche à l’Histoire, qui raconte, à l’imaginaire encore possible.
Plusieurs fonds conservent ses tirages : la collection photographique des Franciscaines à Deauville, l’artothèque de Grenoble, l’association Florence à Paris, ou encore la Maison des cultures et des arts de Lieusaint (Seine-et-Marne).
En parallèle, Isabelle Scotta répond à des commandes pour la communication d’artistes, d’entreprises et d’institutions.
9lives / curatorymagazine.com / TK21 / Fisheye Magazine / Tropical Stoemp 04 / Revue Portfolio.
Paris
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