Les coups de cœur #424 : Isabelle Scotta et Quentin Cherrier
« Dans mon travail, je couvre des événements artistiques, culturels et d’entreprise. J’accompagne également des artistes pour leur communication. Ma démarche personnelle, en revanche, est dénuée de figure humaine. Je m’appuie sur des objets, des architectures laissées par l’Homme pour interroger la manière dont il rêve et s’adapte à son territoire »,
raconte Isabelle Scotta. Née à Brest en 1979, la photographe est aujourd’hui établie à Paris. C’est pourtant à Royan qu’elle compose Tropicalism, en hommage à l’architecture de la ville : le modernisme tropical, « un modèle brésilien des années 1940 », précise l’autrice. Une esthétique renvoyant à une fantaisie, un rêve balnéaire sublimant le territoire. De nuit, sous les lueurs des néons, dans la brume vaporeuse, Isabelle Scotta capte un univers rétrofuturiste que l’humanité semble avoir abandonné. Loin des photographies emblématiques du littoral, elle livre un récit aux frontières de l’onirisme, sublimé par la pénombre. « Cette architecture pourtant tournée vers le soleil est ici paradoxalement capturée dans l’obscurité, car il s’agit pour moi d’un vieux rêve déchu que l’on devine grâce aux lumières artificielles de la ville. Il ne reste que le décor d’un monde utopiste et sans issue », précise-t-elle alors.